BIODIVERSITÉ EN DANGER DANS LE PÉRIGORD VERT … suite …

Voici la réponse de Fabrice CHATEAU, Directeur du PNR Périgord Limousin à notre courriel intitulé « Biodiversité en danger dans le Périgord Vert »

Voici également la réponse de VIAPL à sa réponse…

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Réponse de Fabrice CHATEAU :

Monsieur le Président,

J’ai bien reçu votre message et je vous en remercie.

Pour l’instant le PNR n’a pas été consulté sur ces projets, la procédure veut que, en tant que « personne publique associé » l’Etat sollicite  l’avis du PNR.

Attaché à lutter contre une crise majeure d’extinction de la biodiversité et à faire face au  défi énergétique et climatique qui va bouleverser la planète,  le PNR  prendra  les responsabilités qui lui  incombent au regard de ces enjeux.

Bien cordialement.

Fabrice CHATEAU
Directeur

Maison du Parc – La Barde – 24450 La Coquille
Tél : 05 53 55 36 00 – Fax : 05 53 55 36 01
www.pnr-perigord-limousin.fr

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Réponse de VIAPL :

De
Christian CLAIR
Président de VIAPL
à
Fabrice CHATEAU
Directeur du PNR Périgord Limousin
 
Monsieur Le Directeur,
 
Au nom de tous les membres de VIAPL, je vous remercie d’avoir répondu à mon courrier du 23 mai intitulé « Biodiversité en danger dans le Périgord Vert ».
 
Les membres de VIAPL sont eux aussi très attachés à lutter contre cette crise majeure de la biodiversité et à faire face au défi énergétique et climatique qui va bouleverser notre planète. Une de nos divergences avec vous vient de ce que vous puissiez considérer l’implantation d’éoliennes industrielles géantes comme une solution possible au défi énergétique et climatique alors qu’après une étude la plus objective possible et la plus complète possible, nous sommes parvenus à la conclusion que l’éolien n’est, pour une poignée d' »écolo-businessmen », que le moyen de gagner beaucoup d’argent aux frais des contribuables.
 
En effet, vous (ou en tous cas, si ce n’est pas vous personnellement, c’est au moins le fait de deux élus du Parc qui sont aussi maires de deux communes, à savoir Bernard Vauriac et Pascal Méchineau), soutenez l’implantation d’aérogénérateurs gigantesques qui vont de toute façon avoir un impact plus que néfaste sur la biodiversité – les promoteurs éoliens demandent en effet de véritables « permis de tuer des espèces protégées » – biodiversité à laquelle le PNRPL se dit par ailleurs très attaché, et dans le même temps, vous organisez des ateliers participatifs sur le paysage alors que des éoliennes industrielles géantes de 200m de haut vont plutôt défigurer le paysage du PNR (ainsi qu’une simple maquette à l’échelle permet de s’en rendre compte). Positions et agissements du PNR pour le moins paradoxaux et ambigus.
 
Regrettant que le Parc ait pu admettre l’idée de laisser construire dans son environnement privilégié des machines industrielles gigantesques (de 200m de haut !) qui ne feront que détruire sa biodiversité et ses paysages sans pour autant produire une quelconque énergie rentable, les adhérents de VIAPL et les nombreux pétitionnaires révoltés contre ces projets éoliens monstrueux restent très attentifs aux décisions et aux orientations prises par le Parc quant à ces projets.
 
Puisse ce courrier vous donner l’envie de vous documenter plus avant sur ce qu’il faut bien appeler « le scandale d’État de l’énergie éolienne » (ne serait-ce qu’en référence au dernier rapport de la Cour des Comptes).
 
Bien cordialement à vous,
 
Christian CLAIR, pour tous les membres de VIAPL
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à suivre…

BIODIVERSITÉ EN DANGER DANS LE PÉRIGORD VERT !…

 

Voici le courriel que VIAPL vient d’envoyer au député Jean-Pierre Cubertafon, au sénateur Bernard Cazeau, au président du PNR Bernard Vauriac, au directeur du PNR Fabrice Chateau, au président de la  LPO Aquitaine, au président de l’Agence Régionale Biodiversité de Nouvelle Aquitaine.

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Christian CLAIR
Président de l’Association VIAPL
Bonjour,
A l’heure où le monde s’inquiète de la disparition des oiseaux, de la menace et du danger qui pèse sur la biodiversité, des projets éoliens sont en cours dans le Parc Naturel Régional du Périgord Limousin.
Le plus avancé, intitulé « Projet éolien de la Queue d’Âne », présenté par la Société Abo Wind (« Ferme éolienne de la Queue d’Âne ») situé en plein Périgord Vert sur les communes de Saint Jory de Chalais et de Saint Saud Lacoussière, prévoit au départ l’implantation de 4 aérogénérateurs de 200m de haut, ce nombre pouvant atteindre, à terme, une trentaine de ces machines industrielles géantes. Ce projet impacte fortement aussi les villages et hameaux voisins et notamment la commune de Miallet.
Un second projet est en cours sur la commune de Milhac de Nontron.
 
Ces deux projets sont situés dans un couloir important de migration, comme nous pouvons d’ailleurs le constater chaque année de visu. Une réserve ornithologique située sur le plan d’eau de Miallet, important lieu de repos pour les oiseaux migrateurs et important lieu aussi pour la nidification et la reproduction des oiseaux sédentaires, invite les promeneurs à respecter ce site tout en les sensibilisant aux différentes espèces de l’avifaune.
 
Dans ce contexte, voici les intitulés des deux dossiers que dépose, entre autres, en Préfecture, la société Abo WInd afin d’obtenir l’autorisation de mettre son projet à exécution :
– « Demande de dérogation pour la destruction d’espèces protégées et d’habitat d’espèces protégées » (Dossier de 122 pages),
–  « Demande de dérogation pour la destruction, l’altération, ou la dégradation de sites de reproduction ou d’aires de repos d’animaux d’espèces animales protégées » (Imprimés Cerfa N° 13 614*01 – voir pièce jointe à ce courrier)
 
N’est-il pas paradoxal de pouvoir faire de telles demandes dans un Parc Naturel Régional (où figurent aussi des zones classées Natura 2000) qui doit être, par définition, le garant de la protection et de la conservation de sa biodiversité et de ses paysages ?
 
Aussi, l’association VIAPL (« Vivre, Informer et Agir pour le Périgord Limousin ») s’inquiète-t-elle fortement pour l’avenir de la biodiversité dans le Parc Naturel Régional du Périgord Limousin.
Nous sommes conscients de la nécessité de recourir aux énergies renouvelables, à la condition qu’elles respectent le territoire et sa biodiversité.

 

Nous vous demandons expressément de nous donner votre point de vue sur le sujet crucial qu’est l’avenir de la biodiversité dans le Parc Naturel Régional Périgord Limousin, et plus largement la Dordogne et la nouvelle Aquitaine si, à chaque demande d’implantation d’éoliennes industrielles géantes, des autorisations d’éradiquer des espèces protégées peuvent être délivrées.

 

Dans l’attente de votre réponse, cordialement.
 
Pour VIAPL, Christian CLAIR.
Document joint en pièce jointe :

ÉOLIENNES ET BIODIVERSITÉ : L’INCOMPATIBILITÉ TOTALE !…

Au moment où Nicolas Hulot prononce un discours appelant à sauver la biodiversité, il s’apprête, dans le même temps, avec Sébastien Lecornu, à déposer un projet de loi visant à favoriser encore plus et plus rapidement les promoteurs éoliens et leurs projets d’implantation d’éoliennes industrielles gigantesques (plus de 200m de haut !) sur tout le territoire français.

VIAPL trouve important de rappeler que ces mêmes promoteurs éoliens font aussi partie des grands destructeurs de la biodiversité…

Comprenne donc qui pourra l’attitude pour le moins ambiguë de Nicolas Hulot !…

En illustration de nos propos, vous trouverez, en cliquant sur les liens ci-dessous, dans le cadre du Projet éolien dit de la Queue d’Âne (projet de la société Abo Wind, situé en Dordogne, sur les communes de Saint Saud Lacoussière et Saint Jory de Chalais), leurs « Dossier de demande de dérogation pour la destruction d’espèces protégées et d’habitat d’espèces protégées ».

 

Lien N°1 : Les imprimés « Cerfa » de demande de dérogation remplis par Abo Wind

Dossier Abo Wind – Demande de dérogation pour destruction d’espèces animales protégées

 

Lien N°2 : Le dossier d’Abo Wind pour justifier de sa demande de dérogation (122 pages) :

Dossier Abo Wind de la Queue d’Ane – Demande de dérogation pour la destruction d’espèces protégées et d’habitat d’espèces protégées

 

Bonne lecture…

Pourquoi les chauves-souris ne voient-elles pas les éoliennes ?

Ce qui suit est extrait de la lettre d’information de la FED (Fédération Environnement Durable) du 23-11-2017.

 

1,6 million de chauves-souris tuées par les éoliennes sur la période 2002-15

Pourquoi les chauves-souris ne voient-elles pas les éoliennes ? ©Alexey Stiop/Alamy/Hemis.fr ; Ivan Kuzmin/Alamy/Hemis.fr

Le chiffre a de quoi effrayer : les éoliennes en France (6 000 aujourd’hui) pourraient avoir causé la mort de 1,6 million de chauves-souris sur la période 2002-15, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Si les auteurs de l’étude établissent une prudente fourchette entre… des décès entre 12000 et 3,3 millions d’animaux, la surmortalité de cette espèce déjà déclinante est reconnue. Les chiroptères, qui chassent au crépuscule et la nuit, ne sont pourtant pas aveugles. Alors quoi ?

Certains incriminent les feux de signalisation placés sur les éoliennes pour prévenir les aéronefs de leur présence, qui attireraient les insectes et donc les pipistrelles et autres noctules communes, ensuite balayées par les pales. Mais il semblerait en fait que ce soit surtout la forte variation de pression provoquée par le passage des pales devant le mât de l’éolienne qui crée un « barotraumatisme ». « Les fragiles capillaires de leurs poumons éclatent lors de cette dépression brutale, explique la Ligue de protection des oiseaux. Le sonar des chiroptères fonctionne par écholocation et détecte très bien les obstacles, mais il reste aveugle aux chutes de pression. »

@Véronique Le Billon / Chef de service adjointe / Le 23-11 à 06:00

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/week-end/business-story/enquetes/030911037667-pourquoi-les-chauves-souris-ne-voient-elles-pas-les-eoliennes-2132612.php#qsdgzx6hYqM2zdbx.99

Éoliennes et la Déforestation de Milhac

Voici quelques réflexions sur la déforestation qui risque se produire sur l’implantation du projet éolien de Milhac de Nontron…

Le projet Soleil du Midi – Milhac de Nontron couvre une superficie de 25 hectares dont plus de 69% couvert par des forêt soit 17 hectares.

Chaque éolienne nécessite environ 15 000 m2; la seule aire d’assemblage du rotor représente au moins 10 000 m2.

Les voies d’accés, un convoi de plus de 50 m de longueur n’admet pas les virages à 90°,au minimum 2000 m2 par éolienne.

Soit un total de 8,5 hectares dont 6 hectares de forêt détruites.

Un hectare de forêt a absorbé en moyenne 300 tonnes de CO2 !

Ce projet nécessiterait le transit de 1 500 poids lourds qui ne consomment pas d’énergie trés propre.

AVAP de la Vallée de la Dronne

Voici un document de très haute importance. Il s’agit d’une étude faite à la demande d’un groupe de 3 communes voisines : Brantôme, Valeuil, Bourdeilles qui ont voulu connaître et protéger leur environnement architectural, touristique. Ces communes ont voulu apprécier quelles étaient entre autres les sources de production d’énergie les mieux adaptées à leur environnement.

Le résultat est sans appel concernant l’éolien.

Voici ce que nous devons réclamer à nos élus et à Monsieur le Sous-Préfet. Réclamons à nos élus du Conseil municipal ( qui ne doivent pas connaître ce document), à nos élus des communautés des communes (qui sont en cours de création d’un SCoT) et à Monsieur le Sous-Préfet de faire faire une étude identique. Demandons aux 3 maires concernés ( Milhac, St Saud, St Jory de Chalais ) de construire des projets partagés et non individuels sans aucune considération pour les communes voisines qui ont refusé par délibération de leur conseil municipal tout projet éolien de proximité.

Ce document doit voyager. Transmettez le à vos connaissances. Les maires qui portent ces projets éoliens n’ont pas commandé d’études. Ils s’appuient simplement sur les arguments commerciaux des cabinets éoliens qui ne recherchent que la rentabilité avec les subventions payées par nous.

Je vous souhaite bonne lecture.

https://drive.google.com/file/d/0B2IseOsI44jIT2cwUm1UM19WUzQ/view?usp=sharing

Eoliennes et Chauves-Souris

Voici quelques nouvelles. J’ai pris contact avec le GMHL ( Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin ). Ce groupe s’occupe notamment de la protection des chauves-souris. Malheureusement, étant organisé par secteur, il ne peut pas intervenir sur l’Aquitaine. Cependant, il m’a communiqué des éléments très intéressants que je vous livre:

Vous trouverez ci joint son mail qui donne des adresses d’organismes ou d’associations susceptibles de nous aider.

Sur ma demande il a communiqué la liste des projets éoliens qu’il connaissait en HAUTE-VIENNE. En voici la liste : SAINT YRIEIX LA PERCHE, SAINT-MATHIEU, SAINT-LAURENT SUR GORRE, MAISONNAIS SUR TARDOIRE

pipistrelleSur les chauves-souris : il y en a partout en France et en très grand nombre. Tout le monde habitant à la campagne a des chauves-souris pour peu qu’il y ait des combles, des caves, des granges etc…Les chauves-souris sont toutes protégées, mais il n’y a que 2 ou 3 espèces qui comptent vraiment pour les éoliens. Les autres , ce n’est pas un problème, les éoliens s’en moquent. Ils ont de toute façon l’accord du Préfet pour cela.

Il m’a parlé de l’«impact cumulé » des projets éoliens. C’est-à-dire que si 2 projets sont situés à quelques kms l’un de l’autre ( 3 à 4 kms), c’est le premier qui aura déposé le permis de construire qui sera élu par le Préfet. Il ne sera pas certain que l’autre soit accepté à cause de l’effet cumulé sur une commune.

C’est ce que m’avait dit la responsable d’EDP lorsqu’elle était venue au conseil municipal de ST SAUD faire la présentation du projet de PENSOL./ST SAUD. Je lui avais fait voir le « mitage » qui serait réalisé sur la commune de SAINT-SAUD et elle m’avait dit que le Préfet n’accepterait pas cela.

Pour l’instant, il faut reconnaître que c’est ABO WIND qui est en avance. Il faudrait que quelqu’un mesure la distance entre les 2 projets (entre la fourche ST-PARDOUX / MILHAC et VAURES à MIALLET) ou c’est peut-être à vol d’oiseau). Il s’agit donc d’une étude d' »impact cumulé » qui doit être obligatoirement remise au Préfet, obligeant ainsi les promoteurs d’avoir des relations entre eux.

Il m’a demandé donc de prendre contact avec les organisations qu’il a renseignées dans son mail. Si quelqu’un veut m’aider, c’est avec grand plaisir. Nous devions adhérer à la SEPANSO. Il va falloir leur écrire.

En ce qui concerne les grues cendrées : (c’est moi qui ajoute) pour peu que les éoliennes de MIALLET soient placées sous le flux migratoire des grues cendrées, celles qui auront pu échapper aux pales des éoliennes de MIALLET, se feront exterminer en dernier par les pales de celles de MILHAC et le contraire aussi pour les flux montants. Elle n’est pas belle la vie ?

« Surtout quand les écolos de EELV nous font la morale pour entrave au développement des énergies renouvelables dont la France à tant besoin. Est-ce que ces écologistes pensent aux chauves-souris et aux grues cendrées et aux palombes et aux hirondelles et aux autres mammifères, au gibier de tout poil? J’ en oublie très certainement.

Ce Monsieur ne doit voir les éoliennes qu’à la télévision sans doute, car en agglomération de Périgueux il y a de fortes chances qu’aucune éolienne ne voit le jour, ni la méthanisation d’ailleurs. Voyez ce que je veux dire : les « écolos bizness » qui habitent en ville ne sont pas gênés par les éoliennes ni par les tas de fumier et de lisier pour faire la méthanisation. Depuis son canapé dans son appartement douillé, on peut parfaitement être pour les éoliennes et la méthanisation. »

Ceci est une réponse aux attaques de EELV en Périgord dans le journal SUD OUEST du 25/08/2015 « Des arguments fallacieux ».

Éoliens : Distance Minimale

Voici un texte très important que nous a transmis la FED: un proposition par Bernard Lalande, Sénateur de Charente Maritime sur la distance minimale entres les éoliens et les habitations.

ARTICLE 38 BIS BA
Alinéa 2
1° Seconde phrase
Remplacer le nombre : 500
par le nombre : 1000

2° Compléter cet alinéa par une phrase ainsi rédigée :
Une dérogation est possible sur accord exprès de tous les riverains situés dans le rayon des 1000 mètres, rétractable dans un délai de trente jours.

OBJET
Il s’agit de rétablir la disposition adoptée par le Sénat le 3 mars 2015, sur proposition de notre collègue Jean Germain, portant de 500 à 1000 mètres minimum la distance entre un engin terrestre éolien et une habitation, tout en tenant compte des modifications introduites par les députés à l’issue des débats de l’Assemblée Nationale.

Jean Germain, défenseur des énergies renouvelables avait, avec objectivité et pragmatisme, mis en exergue tous les enjeux du développement des éoliennes terrestres, pour la santé et l’environnement comme pour l’économie.

Les éléments de santé publique qu’il nous avait présentés ont été corroborés depuis lors par des travaux complémentaires et, en particulier, l’étude en date de février 2015 de l’officiel Prévention, Santé et Sécurité au Travail ainsi que les conclusions du Congrès des médecins, réunis à Frankfort en mai dernier, lançant une alerte internationale.

En outre Il apparaît que l’utilité de la plupart des grandes éoliennes terrestres, plantées de manière systématique et dogmatique au motif qu’elles bénéficient d’une aide publique, est plus que contestable. Aucun élément chiffré ne permet de confirmer qu’elles participeront significativement aux objectifs de production d’énergie renouvelable, tel que nous pourrions en attendre au regard du niveau de l’aide publique accordée et des nuisances générées.

La multiplication de ces projets sur les territoires, sans vision globale, modifiera radicalement la physionomie de notre pays à terme, avec des conséquences irréversibles sur l’habitat, sur l’aménagement du territoire et par conséquent sur l’économie locale dans nos territoires ruraux. Parmi eux, ce sont les territoires les moins forts économiquement qui seront sacrifiés, au détriment d’un développement territorial équilibré. C’est déjà ce que nous constatons dans nos départements avec la carte des projets connus à ce jour.

Rappelons que l’étude d’impact est réalisée par les promoteurs éoliens eux-mêmes. Fixer la distance au cas par cas, en fonction de l’étude d’impact, sans seuil minimum raisonnable, constitue une prise de risque importante pour la santé et une source de multiplication des procédures en contentieux. Il nous appartient de prévenir par la loi ces litiges, longs et coûteux, et d’aller dans le sens de nos pays voisins, en particulier les plus volontaires en matière d’énergie éolienne, qui ont adopté des distances de 1500 à 3000 mètres.

Les éoliennes : Pour ou Contre… ? Mais surtout,  Pourquoi ?

Il y a quelques années déjà, nos municipalités ont été démarchées par des professionnels de la vente, marchands d’éoliennes industrielles géantes.

Qu’il s’agisse de ces machines, de produits d’isolation pour fenêtres ou d’ustensiles ménagers vendus sur un stand de foire, la démarche du vendeur est toujours la même : à l’aide d’un argumentaire aux termes rigoureusement et minutieusement choisis, il va devoir vous convaincre que son produit répond à vos secrètes et intimes attentes et que déjà vous regrettez qu’il ne vous ait pas été proposé plus tôt.

De manière très habile, le moment venu, il fera aussi appel à votre « mauvaise conscience », du genre : « Ne me dites pas que vous allez rater une affaire pareille…! ». A quelques variantes près la technique est toujours la même, elle change simplement avec la personnalité du vendeur. Très souvent, même averti, on se laisse prendre. Allez savoir pourquoi.

Les ustensiles ménagers, achetés comme ça, vont la plupart du temps encombrer pendant plusieurs années le fond d’un tiroir de cuisine. On ne s’en servira jamais. En revanche, les éoliennes géantes, c’est quand même beaucoup plus difficile à caser… !

Dérision, caricature ? Certes, mais pas tant que ça, allons voir.

On nous promet une énergie naturelle propre et inépuisable. Dès lors, par analogie avec les moulins traditionnels à vent ou à eau, on imagine un coût relativement faible se limitant aux frais d’exploitation, d’entretien et de renouvellement des machines. Cela va de soi puisque l’énergie est gratuite.

On nous dit que les éoliennes vont jouer un rôle déterminant pour remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaires, polluantes, par des énergies renouvelables, propres. Le projet est donc en parfaite harmonie avec les principes énoncés dans la loi sur la transition énergétique. Cette fois, la messe est dite.

On nous affirme qu’il y a peu ou pas de nuisances. Le côté esthétique peut-être, et encore, car finalement… On s’habituera.

ET, et… cerise sur le gâteau, chaque année environ 30.000€ de taxes seront reversées aux communes et 5 à 6000€ de loyers payés aux propriétaires des terrains, loyers sans commune mesure avec celui de la terre agricole. Tout cela est bien sûr… très, très attractif !

Comment ne pas être séduit par une telle proposition ? Pourquoi une municipalité se priverait-elle de cette manne providentielle alors que dans le même temps elle doit se serrer la ceinture et réduire de manière drastique son budget de fonctionnement ?

Aussi, ce n’est pas convaincue qu’elle est, mais carrément sous le charme… Et les propriétaires alors, pour qui le loyer proposé par éolienne est l’équivalent d’une petite retraite, pourquoi refuseraient-ils une telle offre puisqu’on leur apporte en même temps toutes les garanties ? Le démantèlement par exemple, à la charge de l’exploitant qui séquestre contractuellement 50.000€ réservés à ce poste. Finalement, on nous l’a bien dit… Que du bonheur !

Oui mais…

Car il y a toujours un « mais », et c’est là que notre association VIAPL (Vivre informer et Agir en Périgord Limousin) intervient, pour dénoncer les aspects moins glorieux d’une affaire qui pourtant semble bien appétissante.

En réalité :

Le vent est une énergie naturelle, inépuisable, mais intermittente et c’est en cela qu’elle n’est pas propre. En effet, en l’absence de vent, d’autres énergies moins nobles doivent prendre le relais. En Allemagne ce sont des centrales thermiques au charbon qui font ce travail. Conséquence : pollution CO2 maximum.

Pendant 15 ans, par contrat avec ERDF, les sociétés privées qui gèrent l’éolien en France facturent le KWh 2 fois le tarif habituel. Autrement dit, plus il y aura d’éoliennes plus l’électricité sera chère. Nous verrons plus loin qu’il en sera de même pour nos impôts.

Partout en France on nous présente l’éolien comme l’énergie renouvelable avec un grand « E » et effectivement, en abordant le sujet, la première image qui nous vient à l’esprit, c’est une éolienne géante.

En fait, il existe bien d’autres sources d’énergies du même type tout aussi productives : l’eau, le bois, la géothermie, le méthane, le soleil… On focalise l’attention sur l’éolien car le cortège de taxes, de marchés et de contrats, déjà bien ficelés, qui l’accompagne y est sûrement pour quelque chose. Pourtant, la loi de transition énergétique ne privilégie aucune source d’énergie renouvelable en particulier, et il y aurait beaucoup à faire avec les autres tout en préservant notre environnement.

Les nuisances, parlons-en des nuisances, celles que l’on balaye trop souvent et trop vite d’un revers de la main.

D’abord sur l’environnement. On a le droit d’être indifférent à l’impact visuel des éoliennes géantes, voire de trouver ça beau, mais on n’a pas pour autant celui de mépriser ceux que ça dérange vraiment. C’est aussi pour ça qu’il faut interroger la population avant qu’il ne soit trop tard.

Quoiqu’il en soit, le constat est clair, dans les zones exposées l’immobilier chute de 20 à 30 %. Le parc naturel Périgord/Limousin, atout majeur s’il en est pour promouvoir le tourisme vert, joue un rôle de premier plan dans le développement de notre région. Or, on constate avec amertume que dans la quasi-totalité des projets en cours, les implantations sont prévues au beau milieu du parc. La plupart des personnes interrogées, plus de la moitié, nous indiquent qu’elles ne viendront ou ne reviendront pas passer leurs vacances au milieu des éoliennes géantes. On les comprend !

Ensuite… il y a pire ! Il est désormais avéré que les émissions sonores et infra-sonores générées par ces machines affectent dangereusement la santé des populations riveraines. La recherche s’accélère, les publications scientifiques se multiplient et les rapports sont accablants : Stress, insomnies, troubles neurologiques et organiques… Les médecins allemands réunis en congrès du 12 au 15 mai 2015 tirent la sonnette d’alarme.

En France, l’académie de médecine préconise une distance de 1500m entre habitation et éolienne. Aux États-Unis, habituellement peu scrupuleux en la matière, c’est 2000m. Chez nous, le parlement vient de maintenir la distance de 500m, refusant d’adopter l’amendement du regretté sénateur J Germain qui proposait 1000m, au motif que cela supprimerait bon nombre de projets. Autrement dit, et c’est inouï, même le sacro-saint principe de précaution, règle absolue en matière de santé publique, est sacrifié sur l’hôtel du programme éolien. Bon sang, quelle mouche nous pique ? Il faudra bien qu’on nous explique tout ça un jour.

Maintenant, parlons un peu de notre argent. On vient de voir que plus il y aura d’éoliennes géantes plus l’électricité sera chère. Mais pour payer les taxes reversées aux communes et communautés de communes où croyez-vous que l’on va prendre les sous ? Dans notre poche bien sûr.

Autrement dit, là encore, plus il y aura de ces machines plus nous allons payer d’impôts ! Que ce soit ou non intégré à la facture ERDF, il faudra bien trouver l’argent quelque part. Les propriétaires quant à eux doivent savoir que leur terrain ne sera plus classé « agricole » mais « bâti industriel ou commercial », donc, amputation des DPU et des subventions et changement de régime fiscal au niveau du foncier. Ils devront aussi payer CSG/RDS sur les loyers perçus, lesquels devront être cumulés avec leurs revenus.

Par ailleurs, si c’est à l’exploitant qu’incombe la charge financière de réhabiliter le site en fin d’exploitation, celui-ci, qui aura peut-être aussi multiplié les entités juridiques, peut décider entre-temps, à n’importe quel moment, qu’une ou plusieurs éoliennes ne sont pas suffisamment rentables, déposer le bilan et se retrouver en état de cessation de paiement. Dans cette hypothèse, la loi impose au propriétaire foncier, qui ne percevra plus de loyers, de prendre le relai. C’est alors que les 50.000€ contractuellement réservés pour cette opération couvriront à peine 10% du coût réel du chantier, sans même toucher aux 1000 tonnes de béton et aux 40 tonnes de ferraillages du socle, enfouis dans le sol pour l’éternité.

Nous ne sommes ni anti-éolien ni pro-nucléaire. Il y a même dans nos rangs des écologistes farouchement anti-nucléaires. Nous sommes également tous convaincus du bien-fondé de la loi sur la transition énergétique par la mise en œuvre effective des énergies que nous avons citées plus haut. En même temps nous sommes très attachés à la qualité de notre environnement et nous refusons de le voir défiguré pour une affaire de gros sous, sans qu’il soit envisagé, étudié et proposé des solutions alternatives.

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Edito du President

La CHARTE de VIAPL indique sans équivoque: « nous ne sommes pas opposés à l’utilisation de l’énergie éolienne », et aux énergies renouvelables au sens général du terme « lorsque les conditions de leur installation et utilisation sont favorables et adaptées au territoire ».

La loi pour la transition énergétique et la croissance verte fixe à notre pays un objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030.

Elle prévoit des mesures qui visent à favoriser le rythme de développement des filières d’ENR et celui des réseaux électriques de transport et de distribution nécessaires pour leur bonne insertion.

Le volet financier est principalement évoqué. Des mesures financières à distribuer aux :

• Propriétaires exploitants ou non de parcelles concernées par une implantation d’éolienne : baux emphytéotiques

• Propriétaires exploitants ou non voisins de la parcelle : au prorata de l’occupation ou du débord de l’installation

• Propriétaires exploitants ou non concernés par les servitudes : voies d’accès pour construction ou exploitation des sites, mise en place des lignes pour installation du réseau de transport de l’électricité produite.

• La commune ou les communes (voisines) : la loi prévoit la modification des règles de répartition de l’IFER (Imposition forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux)

• Les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) – Communauté des Communes

• Le département

• Les « ECO-CITOYENS » : qui peuvent participer financièrement à la création et à l’exploitation d’éoliennes pour en retirer des revenus de placement.

Mais les retombées financières ne sont pas pour tout le monde.

• Les riverains : ceux qui par malchance et malgré eux habitent une zone retenue pour l’implantation d’éolienne ou autre construction industrielle se retrouvent à « vivre » à proximité de ces sites. Ils se partagent les nuisances sans avoir été informés, consultés une seule fois par les décideurs.

• Les propriétaires des habitations se retrouvant à proximité des sites qui perdent de leur valeur.

• Les consommateurs d’énergie qui ont pris conscience qu’ils devront payer beaucoup plus cher leur électricité. Les déboires du nucléaire associés aux développements privés des sources d’énergies renouvelables très hautement subventionnées par l’Etat pourraient conduire à une très forte hausse des tarifs d’électricité. Rappelons qu’en Allemagne, le prix de l’électricité est 80% plus élevé qu’en France.

• Les agences immobilières : qui sont pénalisées par la diminution des transactions et par la baisse des prix de l’immobilier.

• Les agences de tourisme

• Les hôtels, les restaurants, les gîtes, les campings, les centres de vacances, les centres équestres, les bases de loisirs, les plans d’eau : tous ceux qui vivent du tourisme vont voir diminuer leur chiffre d’affaire.

Le promoteur éolien choisit l’emplacement du site en fonction du vent favorable et de la rentabilité maximale qu’il pourra en tirer. La municipalité accueille et valide le projet.

Aucune loi ne prévoit pour l’instant, ni n’oblige les édiles à expliquer, à négocier, à s’engager dans la démocratie participative pour obtenir un consensus, une acceptation partagée sur le ou les projets industriels avec les administrés, évitant ainsi tout clivage parmi eux (riverains ou non).
Car les perdants de ces projets se sentent oubliés, trahis, humiliés par les comportements de ces décideurs.

Quand passerons-nous du discours sur la démocratie participative à sa réelle pratique?