Edito du President

La CHARTE de VIAPL indique sans équivoque: « nous ne sommes pas opposés à l’utilisation de l’énergie éolienne », et aux énergies renouvelables au sens général du terme « lorsque les conditions de leur installation et utilisation sont favorables et adaptées au territoire ».

La loi pour la transition énergétique et la croissance verte fixe à notre pays un objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030.

Elle prévoit des mesures qui visent à favoriser le rythme de développement des filières d’ENR et celui des réseaux électriques de transport et de distribution nécessaires pour leur bonne insertion.

Le volet financier est principalement évoqué. Des mesures financières à distribuer aux :

• Propriétaires exploitants ou non de parcelles concernées par une implantation d’éolienne : baux emphytéotiques

• Propriétaires exploitants ou non voisins de la parcelle : au prorata de l’occupation ou du débord de l’installation

• Propriétaires exploitants ou non concernés par les servitudes : voies d’accès pour construction ou exploitation des sites, mise en place des lignes pour installation du réseau de transport de l’électricité produite.

• La commune ou les communes (voisines) : la loi prévoit la modification des règles de répartition de l’IFER (Imposition forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux)

• Les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) – Communauté des Communes

• Le département

• Les « ECO-CITOYENS » : qui peuvent participer financièrement à la création et à l’exploitation d’éoliennes pour en retirer des revenus de placement.

Mais les retombées financières ne sont pas pour tout le monde.

• Les riverains : ceux qui par malchance et malgré eux habitent une zone retenue pour l’implantation d’éolienne ou autre construction industrielle se retrouvent à « vivre » à proximité de ces sites. Ils se partagent les nuisances sans avoir été informés, consultés une seule fois par les décideurs.

• Les propriétaires des habitations se retrouvant à proximité des sites qui perdent de leur valeur.

• Les consommateurs d’énergie qui ont pris conscience qu’ils devront payer beaucoup plus cher leur électricité. Les déboires du nucléaire associés aux développements privés des sources d’énergies renouvelables très hautement subventionnées par l’Etat pourraient conduire à une très forte hausse des tarifs d’électricité. Rappelons qu’en Allemagne, le prix de l’électricité est 80% plus élevé qu’en France.

• Les agences immobilières : qui sont pénalisées par la diminution des transactions et par la baisse des prix de l’immobilier.

• Les agences de tourisme

• Les hôtels, les restaurants, les gîtes, les campings, les centres de vacances, les centres équestres, les bases de loisirs, les plans d’eau : tous ceux qui vivent du tourisme vont voir diminuer leur chiffre d’affaire.

Le promoteur éolien choisit l’emplacement du site en fonction du vent favorable et de la rentabilité maximale qu’il pourra en tirer. La municipalité accueille et valide le projet.

Aucune loi ne prévoit pour l’instant, ni n’oblige les édiles à expliquer, à négocier, à s’engager dans la démocratie participative pour obtenir un consensus, une acceptation partagée sur le ou les projets industriels avec les administrés, évitant ainsi tout clivage parmi eux (riverains ou non).
Car les perdants de ces projets se sentent oubliés, trahis, humiliés par les comportements de ces décideurs.

Quand passerons-nous du discours sur la démocratie participative à sa réelle pratique?