Les éoliennes : Pour ou Contre… ? Mais surtout,  Pourquoi ?

Il y a quelques années déjà, nos municipalités ont été démarchées par des professionnels de la vente, marchands d’éoliennes industrielles géantes.

Qu’il s’agisse de ces machines, de produits d’isolation pour fenêtres ou d’ustensiles ménagers vendus sur un stand de foire, la démarche du vendeur est toujours la même : à l’aide d’un argumentaire aux termes rigoureusement et minutieusement choisis, il va devoir vous convaincre que son produit répond à vos secrètes et intimes attentes et que déjà vous regrettez qu’il ne vous ait pas été proposé plus tôt.

De manière très habile, le moment venu, il fera aussi appel à votre « mauvaise conscience », du genre : « Ne me dites pas que vous allez rater une affaire pareille…! ». A quelques variantes près la technique est toujours la même, elle change simplement avec la personnalité du vendeur. Très souvent, même averti, on se laisse prendre. Allez savoir pourquoi.

Les ustensiles ménagers, achetés comme ça, vont la plupart du temps encombrer pendant plusieurs années le fond d’un tiroir de cuisine. On ne s’en servira jamais. En revanche, les éoliennes géantes, c’est quand même beaucoup plus difficile à caser… !

Dérision, caricature ? Certes, mais pas tant que ça, allons voir.

On nous promet une énergie naturelle propre et inépuisable. Dès lors, par analogie avec les moulins traditionnels à vent ou à eau, on imagine un coût relativement faible se limitant aux frais d’exploitation, d’entretien et de renouvellement des machines. Cela va de soi puisque l’énergie est gratuite.

On nous dit que les éoliennes vont jouer un rôle déterminant pour remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaires, polluantes, par des énergies renouvelables, propres. Le projet est donc en parfaite harmonie avec les principes énoncés dans la loi sur la transition énergétique. Cette fois, la messe est dite.

On nous affirme qu’il y a peu ou pas de nuisances. Le côté esthétique peut-être, et encore, car finalement… On s’habituera.

ET, et… cerise sur le gâteau, chaque année environ 30.000€ de taxes seront reversées aux communes et 5 à 6000€ de loyers payés aux propriétaires des terrains, loyers sans commune mesure avec celui de la terre agricole. Tout cela est bien sûr… très, très attractif !

Comment ne pas être séduit par une telle proposition ? Pourquoi une municipalité se priverait-elle de cette manne providentielle alors que dans le même temps elle doit se serrer la ceinture et réduire de manière drastique son budget de fonctionnement ?

Aussi, ce n’est pas convaincue qu’elle est, mais carrément sous le charme… Et les propriétaires alors, pour qui le loyer proposé par éolienne est l’équivalent d’une petite retraite, pourquoi refuseraient-ils une telle offre puisqu’on leur apporte en même temps toutes les garanties ? Le démantèlement par exemple, à la charge de l’exploitant qui séquestre contractuellement 50.000€ réservés à ce poste. Finalement, on nous l’a bien dit… Que du bonheur !

Oui mais…

Car il y a toujours un « mais », et c’est là que notre association VIAPL (Vivre informer et Agir en Périgord Limousin) intervient, pour dénoncer les aspects moins glorieux d’une affaire qui pourtant semble bien appétissante.

En réalité :

Le vent est une énergie naturelle, inépuisable, mais intermittente et c’est en cela qu’elle n’est pas propre. En effet, en l’absence de vent, d’autres énergies moins nobles doivent prendre le relais. En Allemagne ce sont des centrales thermiques au charbon qui font ce travail. Conséquence : pollution CO2 maximum.

Pendant 15 ans, par contrat avec ERDF, les sociétés privées qui gèrent l’éolien en France facturent le KWh 2 fois le tarif habituel. Autrement dit, plus il y aura d’éoliennes plus l’électricité sera chère. Nous verrons plus loin qu’il en sera de même pour nos impôts.

Partout en France on nous présente l’éolien comme l’énergie renouvelable avec un grand « E » et effectivement, en abordant le sujet, la première image qui nous vient à l’esprit, c’est une éolienne géante.

En fait, il existe bien d’autres sources d’énergies du même type tout aussi productives : l’eau, le bois, la géothermie, le méthane, le soleil… On focalise l’attention sur l’éolien car le cortège de taxes, de marchés et de contrats, déjà bien ficelés, qui l’accompagne y est sûrement pour quelque chose. Pourtant, la loi de transition énergétique ne privilégie aucune source d’énergie renouvelable en particulier, et il y aurait beaucoup à faire avec les autres tout en préservant notre environnement.

Les nuisances, parlons-en des nuisances, celles que l’on balaye trop souvent et trop vite d’un revers de la main.

D’abord sur l’environnement. On a le droit d’être indifférent à l’impact visuel des éoliennes géantes, voire de trouver ça beau, mais on n’a pas pour autant celui de mépriser ceux que ça dérange vraiment. C’est aussi pour ça qu’il faut interroger la population avant qu’il ne soit trop tard.

Quoiqu’il en soit, le constat est clair, dans les zones exposées l’immobilier chute de 20 à 30 %. Le parc naturel Périgord/Limousin, atout majeur s’il en est pour promouvoir le tourisme vert, joue un rôle de premier plan dans le développement de notre région. Or, on constate avec amertume que dans la quasi-totalité des projets en cours, les implantations sont prévues au beau milieu du parc. La plupart des personnes interrogées, plus de la moitié, nous indiquent qu’elles ne viendront ou ne reviendront pas passer leurs vacances au milieu des éoliennes géantes. On les comprend !

Ensuite… il y a pire ! Il est désormais avéré que les émissions sonores et infra-sonores générées par ces machines affectent dangereusement la santé des populations riveraines. La recherche s’accélère, les publications scientifiques se multiplient et les rapports sont accablants : Stress, insomnies, troubles neurologiques et organiques… Les médecins allemands réunis en congrès du 12 au 15 mai 2015 tirent la sonnette d’alarme.

En France, l’académie de médecine préconise une distance de 1500m entre habitation et éolienne. Aux États-Unis, habituellement peu scrupuleux en la matière, c’est 2000m. Chez nous, le parlement vient de maintenir la distance de 500m, refusant d’adopter l’amendement du regretté sénateur J Germain qui proposait 1000m, au motif que cela supprimerait bon nombre de projets. Autrement dit, et c’est inouï, même le sacro-saint principe de précaution, règle absolue en matière de santé publique, est sacrifié sur l’hôtel du programme éolien. Bon sang, quelle mouche nous pique ? Il faudra bien qu’on nous explique tout ça un jour.

Maintenant, parlons un peu de notre argent. On vient de voir que plus il y aura d’éoliennes géantes plus l’électricité sera chère. Mais pour payer les taxes reversées aux communes et communautés de communes où croyez-vous que l’on va prendre les sous ? Dans notre poche bien sûr.

Autrement dit, là encore, plus il y aura de ces machines plus nous allons payer d’impôts ! Que ce soit ou non intégré à la facture ERDF, il faudra bien trouver l’argent quelque part. Les propriétaires quant à eux doivent savoir que leur terrain ne sera plus classé « agricole » mais « bâti industriel ou commercial », donc, amputation des DPU et des subventions et changement de régime fiscal au niveau du foncier. Ils devront aussi payer CSG/RDS sur les loyers perçus, lesquels devront être cumulés avec leurs revenus.

Par ailleurs, si c’est à l’exploitant qu’incombe la charge financière de réhabiliter le site en fin d’exploitation, celui-ci, qui aura peut-être aussi multiplié les entités juridiques, peut décider entre-temps, à n’importe quel moment, qu’une ou plusieurs éoliennes ne sont pas suffisamment rentables, déposer le bilan et se retrouver en état de cessation de paiement. Dans cette hypothèse, la loi impose au propriétaire foncier, qui ne percevra plus de loyers, de prendre le relai. C’est alors que les 50.000€ contractuellement réservés pour cette opération couvriront à peine 10% du coût réel du chantier, sans même toucher aux 1000 tonnes de béton et aux 40 tonnes de ferraillages du socle, enfouis dans le sol pour l’éternité.

Nous ne sommes ni anti-éolien ni pro-nucléaire. Il y a même dans nos rangs des écologistes farouchement anti-nucléaires. Nous sommes également tous convaincus du bien-fondé de la loi sur la transition énergétique par la mise en œuvre effective des énergies que nous avons citées plus haut. En même temps nous sommes très attachés à la qualité de notre environnement et nous refusons de le voir défiguré pour une affaire de gros sous, sans qu’il soit envisagé, étudié et proposé des solutions alternatives.

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VIAPL