TRÈS CHÈRES ÉOLIENNES !…

Un article (du site « LeRevenu » qui fait le point sur la politique française en matière d’éoliennes et autres énergies dites renouvelables…

(Cliquez sur les liens en couleur pour plus d’informations).

 

Sommes-nous déjà dans le mur !?

https://www.lerevenu.com/placements/economie/energies-renouvelables-une-politique-francaise-incoherente

Énergies renouvelables : une politique française incohérente

un parc éolien

Retrouvez le détail de l’enquête sur les politiques publiques de soutien au développement des énergies renouvelables de la Cour des comptes. (cc Fredfuncky)
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La Cour des comptes a mené une enquête sur les politiques publiques de soutien au développement des énergies renouvelables. Une analyse pointue et précise qui explique les raisons de la dérive budgétaire. Extraits.

Publié le mois dernier, un rapport de la Cour des Comptes fait le bilan des politiques publiques françaises de soutien au développement des énergies renouvelables sur la période allant de 2012 à 2017.
Ce document analyse notamment les dépenses engagées par l’État au nom de la lutte contre le dérèglement climatique.

Objectifs ambitieux

D’emblée, le sommaire de ce rapport d’une centaine de pages, donne un aperçu du problème : «des objectifs particulièrement ambitieux… des résultats notables mais en deçà des objectifs affichés… un soutien financier très élevé et déséquilibré… un volume global des charges de soutien à venir mal anticipé… une absence de transparence des engagements budgétaires…».
Mais quels sont donc ces objectifs particulièrement ambitieux dont parle la Cour des Comptes ?
Écrit comme il se doit dans un style empreint de la retenue la plus élémentaire, les Sages de la rue Cambon évoquent le zèle français au regard des ambitions plus mesurées de l’Union Européenne : «les objectifs nationaux fixés pour 2030 sont ainsi supérieurs de cinq points à la cible définie l’échelle de l’Union» note le rapport.
Autrement dit, le France vise un objectif de 32% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie à l’horizon 2030 contre 27% pour l’Union Européenne.
Cette ambition interroge. La France, contrairement à d’autres pays européens, et notamment l’Allemagne avec ses centrales électriques au charbon et au lignite, est déjà bien placée dans la lutte contre les émissions polluantes grâce à son parc de centrales nucléaires.
«Les objectifs français en matière d’énergies renouvelables (EnR) électriques sont d’autant plus ambitieux que la France se distingue parmi ses voisins européens par la place qu’occupent déjà les sources d’énergies non carbonées dans son mix énergétique (98%). Cette situation place la France dans une situation singulière par rapport à la plupart de ses voisins pour qui le développement des EnR répondait d’abord à une volonté de décarboner leurs mix énergétiques (Royaume-Uni, Espagne, Allemagne)» explique le rapport de la Cour des Comptes.
Celle-ci assène un premier uppercut : «Ainsi, compte tenu de son profil énergétique peu carboné, si la France avait voulu faire de sa politique en faveur des EnR un levier de lutte contre le réchauffement climatique, elle aurait dû concentrer prioritairement ses efforts sur le secteur des EnR thermiques qui se substituent principalement à des énergies fossiles émissives de CO2. De ce fait, la place consacrée aux énergies renouvelables électriques dans la stratégie française répond à un autre objectif de politique énergétique, consistant à substituer les énergies renouvelables à l’énergie de source nucléaire».
«Si cet objectif ne présidait pas à la stratégie fixée pour 2020, à la suite des travaux du Grenelle de l’Environnement, il figure explicitement dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 qui fixe un objectif de 40% d’énergies renouvelables dans la production électrique d’ici 2030, accolé à l’engagement de réduire la part du nucléaire dans la production électrique à 50% à horizon 2025» rajoute-t-elle.

L’enjeu est double

En filigrane, la Cour des Comptes fait allusion à la promesse de campagne de François Hollande de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique national : «J’engagerai la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025, en garantissant la sûreté maximale des installations et en poursuivant la modernisation de notre industrie nucléaire» indiquait la brochure du candidat Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012.
Selon la Cour des Comptes, la France se retrouve alors avec un double objectif, climatique et énergétique.
Du coup, on ne sait plus très bien si le développement des énergies renouvelables sert à lutter contre le changement climatique ou à se substituer à la production nucléaire.
«Faute de cohérence, la crédibilité de l’intégration des EnR à la politique de l’énergie française s’est trouvée remise en cause par cet exercice de programmation conduit en 2016. Les acteurs du monde de l’énergie -même au sein des administrations intéressées- sont nombreux à ne pas avoir cru dans les objectifs et la trajectoire définis par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Ce faisant, cet outil a failli à l’objectif qu’il s’était donné, celui d’offrir un cadre prévisible et consolidé de l’évolution de la politique énergétique jusqu’en 2023» poursuit le rapport.

Des dépenses colossales

Dans ses recommandations, la Cour des Comptes en appelle à davantage de cohérence : «Il conviendrait donc, à l’occasion de la révision de la PPE en 2018, de définir une stratégie énergétique cohérente entre les objectifs de production d’EnR et l’objectif de réduction de la part de l’énergie nucléaire dans le mix».
Elle note par ailleurs que le tissu industriel français a peu profité du développement des énergies renouvelables toujours en raison du manque de clarification et de cohérence de la politique énergétique du pays : «Ce bilan industriel décevant doit être mis en regard des moyens considérables qui sont consacrés au développement des énergies renouvelables, en particulier aux EnR électriques».
Selon le rapport, la somme des dépenses publiques de soutien aux énergies renouvelables est estimée à 5,3 milliards d’euros rien que pour l’année 2016. «Cette mobilisation financière va connaître une progression forte : si la France réalise la trajectoire qu’elle s’est fixée, les dépenses relatives aux EnR électriques pourraient ainsi atteindre 7,5 milliards d’euros en 2023» alerte la Cour des Comptes.

Mais pourquoi en sommes-nous arrivés là, avec des finances exsangues !?

Peut-être un début d’explication…
. Mais le pari réside dans l’affirmation d’abaisser la part du nucléaire à 50 % de la production d’électricité, ce qui, de l’avis de beaucoup d’experts, implique la fermeture d’une vingtaine de réacteurs qu’il faudra remplacer par de nouvelles sources d’énergies, notamment renouvelables, alors même que, en 2014, la contribution au service public de l’électricité a augmenté de  plus de 10 %  et que l’on voit mal l’Etat, très endetté, se priver de la CSPE destinée à financer l’essor des énergies vertes, via le rachat subventionné du kilowattheure (KWh) éolien ou solaire. Le maintien du parc nucléaire reste donc la clé de voûte du financement des énergies renouvelables, ce qui explique, au‐delà  des problèmes politico‐écologiques, la renonciation à la fermeture des centrales de plus de 40 ans. Autrement dit, pour respecter à la fois le plafond de la capacité de production nucléaire à  son niveau actuel, et la diminution de la part du nucléaire dans notre production énergétique, il faudra un essor sans précédent des énergies renouvelables, et une réussite totale de l’efficacité énergétique, tout cela dans un contexte de pénurie budgétaire…On voit bien la difficulté de ces choix, et le rapport Quelle France dans 10 ans, remis par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP)  se démarque des options du projet de loi en  affirmant que s’ « il est aujourd’hui largement admis que le nucléaire constitue une énergie de transition appelée à céder graduellement la place aux énergies renouvelables au fur et à mesure que celles‐ci gagneront en maturité », il recommande la prolongation de vie des centrales « comme une source d’économies non négligeable ».

« L’Allemagne est rétive à financer les États qui n’auraient pas achevé certaines réformes ou réduit leur endettement . »