BOURIEGE : LES ÉOLIENNES « NE PASSERONT PAS »…

Extrait du journal L’indépendant » du 10 janvier 2018.

Bouriège : pour les antis, les éoliennes « ne passeront pas »

 

Polémique. De nouveaux arrêtés ont été pris par le conseil départemental de l’Aude.

Chaque mois apporte son lot de nouveaux épisodes, dans le conflit historique qui oppose la société Valeco et certains habitants de la vallée de la Corneilla autour du parc éolien de « La Bruyère ». Après diverses assignations en justice des opposants, qui bloquaient l’accès au chantier et une bataille juridique à n’en plus finir autour du chantier lui-même, la justice, après avoir dans un premier temps débouté la société Valeco, considérant que les « zadistes » se situaient sur une propriété privée, a justement fini par reconnaître un « abus de propriété privée ». Ce qui a le don d’énerver le Collectif des résistants du pont du Rec, op-posés au projet : « L’abus de propriété privée existe dans le droit français depuis le XIXe siècle, mais pour la première fois, le juge le reconnaît pour une société qui n’est, elle, absolument pas propriétaire de la route. On innove dans l’Aude, c’est proprement scandaleux », fustige Agnès Roy. •

 

L’épineux dossier des voies d’accès

Autre point stratégique, la question des voies d’accès entre le très étroit pont du Rec et le site de Bouriège et Tourreilles. « Vu l’ampleur du chantier, Valeco ne peut plus passer par voie de fait. La justice et le Conseil départemental ont donné des voies d’accès, mais pour nous, les éléments éoliens ne passeront pas sur le pont du Rec », poursuit l’opposante, qui promet de nouvelles actions si des éléments arrivent sur le site. « Ils ne passeront pas s’ils ne respectent pas la loi », assure Agnès Roy. Face à ce problème d’accès, le Département avait déjà pris six arrêtés de circulation et deux arrêtés d’alignement de la chaussée. Mais cela n’a pas suffi. Le 4 janvier, un nouvel arrêté de circulation a été pris par le Conseil départemental, qui interdit la circulation sur une portion de la RD 52 à tout véhicule, sauf pour le convoi d’éléments, les services publics ou de secours, et dans certaines conditions pour les riverains. •

 

«Les citoyens n’ont plus grand-chose à dire »

La circulation alternée est observée sur une autre portion de la route. Pendant ce temps, la société Valeco est autorisée à acheminer des pièces du chantier à condition d’en informer les autorités la veille. Parallèlement, le Département a pris un troisième arrêté d’alignement de la chaussée : «Cela entraîne certaines restrictions, comme celle de ne pas mettre d’obstacle. En aucun cas une expropriation », explique le directeur du cabinet d’André Viola. De leur côté, les collectifs opposés au parc éolien dénoncent un « arrêté qui spolie treize propriétaires. » Une nouvelle preuve, selon le collectif, que « les citoyens n’ont plus grand-chose à dire » face à ce qu’ils appellent « l’éologarchie ». Accusation dont se défend formellement le Département : « La société a obtenu le permis de construire avant 2008, nous n’avions pas notre mot à dire », rappelle Jean Brunel, qui explique oeuvrer dans le sens du « compromis entre les riveraines et l’entreprise : notre rôle est de gérer le domaine public » auquel appartiennent les routes.